La doctrine de Dieu occupe une place centrale dans toute la théologie chrétienne, car elle touche à la question la plus fondamentale : Qui est Dieu ? Avant d’aborder la création, le salut, l’Église ou la vie chrétienne, il est nécessaire de commencer par Celui qui est la source, le fondement et la finalité de toutes choses. La Bible ouvre son récit par une affirmation simple et décisive : « Au commencement, Dieu… » Genèse 1.1 . Cette déclaration initiale établit que Dieu précède tout, explique tout et donne sens à tout.
Connaître Dieu n’est pas une démarche purement intellectuelle ou spéculative. Dans l’Écriture, connaître Dieu signifie entrer en relation avec Lui, le reconnaître comme Seigneur, marcher selon ses voies et répondre à son appel. Jésus lui-même affirme que la vie éternelle consiste à connaître le Père et celui qu’il a envoyé Jean 17.3 . Ainsi, la doctrine de Dieu n’est pas une simple étude théorique : elle est profondément liée à la foi, à l’adoration et à la transformation de la vie.
Cette connaissance n’est possible que parce que Dieu choisit de se révéler. L’être humain, limité et marqué par le péché, ne peut atteindre Dieu par ses propres efforts. Mais Dieu se fait connaître : par la création, qui manifeste sa puissance et sa sagesse Psaumes 19.2-5 ; par la conscience, qui témoigne de sa loi 2.14-15 ; et surtout par sa Parole, qui révèle son caractère, ses œuvres et ses desseins 2 Timothée 3.16 . La révélation atteint son sommet en Jésus-Christ, « l’image du Dieu invisible » Colossiens 1.15 , en qui Dieu se fait parfaitement connaître.
Étudier la doctrine de Dieu implique donc d’articuler trois dimensions : la dimension biblique, qui écoute ce que Dieu dit de lui-même ; la dimension théologique, qui organise et clarifie cette révélation ; et la dimension pratique, qui cherche à vivre en accord avec ce Dieu vivant. Toute théologie authentique conduit à l’adoration, car plus l’on découvre qui est Dieu, plus l’on est amené à l’aimer, à le craindre et à lui faire confiance. Comme le dit l’Écriture :
Ainsi, commencer une étude doctrinale par la doctrine de Dieu n’est pas seulement logique : c’est indispensable. C’est poser les fondations sur lesquelles tout le reste pourra être construit.
L’existence de Dieu constitue le point de départ de toute théologie. Pourtant, la Bible ne cherche jamais à démontrer que Dieu existe : elle l’affirme comme une évidence première. Dès les premiers mots de l’Écriture, Dieu est présenté comme l’acteur initial et souverain : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » Genèse 1.1 . Cette affirmation n’est pas argumentée, mais posée comme le fondement de toute réalité. La foi biblique ne repose donc pas sur une spéculation humaine, mais sur la révélation d’un Dieu vivant qui se manifeste dans l’histoire.
L’Ecriture reconnaît cependant que certains rejettent cette vérité. Le psalmiste déclare :
Ce rejet n’est pas présenté comme une conclusion rationnelle, mais comme une attitude morale : un refus de reconnaître Dieu malgré les témoignages qu’il donne de lui-même. Car Dieu ne laisse pas l’humanité sans lumière. La création elle-même proclame son existence : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’œuvre de ses mains » Psaumes 19.2 . Paul affirme que les perfections invisibles de Dieu :
La nature, dans son ordre, sa beauté et sa complexité, témoigne d’un Créateur.
Dieu se révèle aussi dans la conscience humaine. Même sans connaître la loi écrite, les hommes portent en eux une connaissance morale qui atteste l’existence d’un législateur divin. Paul écrit que « les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi », montrant que « l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs » 2.14-15 . Cette conscience morale, bien que obscurcie par le péché, demeure un signe intérieur de la réalité de Dieu.
Au fil de l’histoire, de nombreux penseurs ont proposé des arguments rationnels pour démontrer l’existence de Dieu : l’argument cosmologique (tout effet a une cause), l’argument téléologique (l’ordre implique un dessein), l’argument moral (l’existence de valeurs objectives suppose une source transcendante), ou encore l’argument ontologique. Ces approches peuvent éclairer l’intelligence et ouvrir un chemin vers la foi, mais elles ne remplacent pas la révélation divine. Elles montrent que croire en Dieu n’est pas contraire à la raison, mais elles ne peuvent produire la foi. Comme le rappelle l’Écriture, « sans la foi, il est impossible de lui être agréable » Hébreux 11.6 .
Ainsi, l’existence de Dieu est à la fois affirmée par la Bible, manifestée dans la création, inscrite dans la conscience humaine et accessible à la raison. Mais elle est surtout reçue par la foi, en réponse à la révélation que Dieu donne de lui-même. La théologie chrétienne commence donc par reconnaître que Dieu existe, qu’il parle et qu’il se fait connaître à ceux qui le cherchent.
Dieu se révèle d’abord de manière universelle, accessible à tous les êtres humains. Cette révélation générale se manifeste principalement de deux façons.
La nature porte l’empreinte de son Créateur. Le psalmiste déclare : « Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’œuvre de ses mains » Psaumes 19.2 . Paul affirme que les perfections invisibles de Dieu « se voient comme à l’œil nu » depuis la création du monde 1.19-20 . L’ordre, la beauté et la complexité de l’univers témoignent d’un Dieu puissant, sage et personnel.
Même sans connaître la loi écrite, l’être humain possède une conscience morale qui atteste l’existence d’un législateur divin. Paul écrit que « l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs » 2.14-15 . Cette lumière intérieure, bien que obscurcie par le péché, demeure un signe de la présence de Dieu.
La révélation générale suffit à rendre l’homme responsable devant Dieu, mais elle ne suffit pas à le sauver. Elle montre qu’il y a un Dieu, mais ne révèle ni son nom, ni son plan de rédemption.
Parce que la révélation générale est insuffisante pour conduire l’homme au salut, Dieu a parlé de manière plus précise, plus directe et plus personnelle. Cette révélation spéciale se trouve dans l’Écriture et dans l’histoire du salut.
La Bible est la révélation inspirée de Dieu. « Toute Écriture est inspirée de Dieu » 2 Timothée 3.16 . Elle révèle le caractère de Dieu, ses œuvres, ses promesses et sa volonté. Elle n’est pas simplement un témoignage humain, mais la Parole de Dieu transmise par des hommes conduits par l’Esprit 2 Pierre 1.21 .
Dans l’Écriture, les noms de Dieu ne sont pas de simples étiquettes : ils révèlent son ê Qu’il se présente comme , « Je suis » Exode 3.14 , comme Élohim, le Dieu puissant, ou comme Père, il dévoile des aspects de son identité et de sa relation avec son peuple.
Dieu se révèle aussi par ses actes : l’alliance avec Abraham, la délivrance d’Égypte, la fidélité envers Israël, les prophètes, et finalement la venue du Messie. La révélation biblique est progressive : Dieu se fait connaître étape après étape, jusqu’à la pleine lumière.
Toute la révélation de Dieu converge vers une personne : Jésus-Christ. Il est « l’image du Dieu invisible » Colossiens 1.15 , « le reflet de sa gloire et l’empreinte de sa personne » Hébreux 1.3 . En Jésus, Dieu ne se contente plus de parler : il se rend visible, accessible, proche. Jésus peut dire : « Celui qui m’a vu a vu le Père » Jean 14.9 .
La révélation en Christ est parfaite, complète et définitive. Elle montre que Dieu n’est pas seulement un Créateur puissant, mais un Père aimant, un Sauveur compatissant et un Seigneur qui appelle à la communion.
Ces attributs soulignent la transcendance de Dieu, ce qui le distingue radicalement de la création.
Dieu existe par lui-même et n’a besoin de rien ni de personne. Il dit : « Je suis celui qui suis »
Exode 3.14
.
Il n’est pas soutenu par la création ; c’est lui qui la soutient
Actes des apôtres 17.24-25
.
Dieu ne change pas dans son être, ses desseins ou ses promesses.
« Je suis l’, je ne change pas »
Malachie 3.6
.
Ses plans demeurent fermes
Psaumes 33.11
.
Dieu n’a ni commencement ni fin. Il est « de toute éternité à toute éternité »
Psaumes 90.2
.
Il voit le temps d’un seul regard, sans être limité par lui.
Dieu est présent partout, sans être confondu avec la création.
« Où irais-je loin de ton esprit ? »
Psaumes 139.7-10
.
Dieu connaît parfaitement toutes choses, passées, présentes et futures.
« Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève »
Psaumes 139.1-4
.
Dieu peut tout ce qu’il veut, conformément à sa nature.
« Rien n’est impossible à Dieu »
Luc 1.37
.
Dieu est un, sans division ni contradiction.
« L’ est un »
Deutéronome 6.4
.
Ses attributs ne s’opposent jamais : sa justice est toujours une justice aimante, et son amour est toujours un amour saint.
Ces attributs expriment ce que Dieu reflète en partie dans l’être humain, créé à son image.
Dieu est totalement séparé du mal et parfaitement pur.
« Saint, saint, saint est l’ »
Esaïe 6.3
.
Sa sainteté est la base de son appel à la sanctification.
Dieu est amour dans son être même
1 Jean 4.8
.
Son amour se manifeste pleinement en Christ : « Dieu a tant aimé le monde… »
Jean 3.16
.
Dieu fait du bien à toutes ses créatures.
« L’ est bon envers tous »
Psaumes 145.9
.
Dieu agit toujours selon ce qui est droit.
« Toutes ses voies sont justes »
Deutéronome 32.4
.
Dieu pardonne, relève et fait grâce à ceux qui se tournent vers lui.
« L’ est miséricordieux et compatissant »
Psaumes 103.8
.
Dieu est parfaitement vrai, fidèle et digne de confiance.
« Ta parole est la vérité »
Jean 17.17
.
Dieu accomplit toujours ce qu’il promet.
« Il est fidèle, lui qui vous a appelés »
1 Corinthiens 1.9
.
Dieu supporte le péché des hommes avec une grande longanimité.
« Il use de patience envers vous »
2 Pierre 3.9
.
Dieu ordonne toutes choses selon un dessein parfait.
« Ô profondeur de la sagesse de Dieu ! »
11.33
.
Les attributs de Dieu ne sont pas des concepts abstraits : ils révèlent qui Dieu est et comment il agit. Ils nourrissent l’adoration, inspirent la confiance et orientent la vie chrétienne. Plus nous contemplons les perfections de Dieu, plus nous sommes transformés à son image.
L’unité de Dieu est au cœur de la révélation biblique. Israël devait confesser chaque jour :
Cette affirmation exclut toute idée de plusieurs dieux, de divinités concurrentes ou de forces impersonnelles. Dieu est unique, incomparable, sans égal :
Cette unité n’est pas seulement numérique ; elle exprime aussi la simplicité divine. Dieu n’est pas composé de parties ou de couches : il est un dans son être, un dans ses attributs, un dans ses desseins. Sa justice n’est jamais séparée de son amour, sa puissance jamais séparée de sa sagesse. Tout en lui est parfaitement harmonieux.
L’unité de Dieu fonde l’unité de la foi et l’exclusivité de l’adoration. Parce qu’il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a qu’un seul Seigneur digne de recevoir la louange, la confiance et l’obéissance de l’homme.
Si Dieu est un, l’Écriture révèle également qu’il existe éternellement en trois personnes distinctes : le Père, le Fils et le Saint‑Esprit. Cette vérité n’est pas le fruit d’une construction philosophique, mais le résultat de la révélation progressive de Dieu dans l’histoire.
Le Nouveau Testament présente clairement les trois personnes divines agissant ensemble. Lors du baptême de Jésus, le Fils est dans l’eau, l’Esprit descend sur lui, et la voix du Père se fait entendre du ciel Matthieu 3.16-17 . Jésus ordonne à ses disciples de baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint‑Esprit » Matthieu 28.19 : un seul nom, trois personnes.
Le Père est Dieu 1 Pierre 1.2 , le Fils est Dieu Jean 1.1 , l’Esprit est Dieu Actes des apôtres 5.3-4 , et pourtant il n’y a qu’un seul Dieu.
Les trois personnes ne sont pas trois modes d’un même Dieu, ni trois dieux séparés. Elles sont distinctes dans leurs relations :
- Le Père engendre le Fils
- Le Fils est engendré du Père
- L’Esprit procède du Père (et est envoyé par le Fils)
Ces distinctions ne divisent pas Dieu ; elles expriment la richesse de sa vie interne.
Les trois personnes partagent la même nature divine, la même gloire et la même volonté. Elles agissent toujours ensemble, mais selon des rôles distincts :
- Le Père planifie
- Le Fils accomplit
- L’Esprit applique
Dans le salut, par exemple :
Le Père envoie le Fils
Jean 3.16-17
,
le Fils donne sa vie
Jean 10.17-18
,
l’Esprit régénère et sanctifie
Tite 3.5
.
La Trinité n’est pas une doctrine abstraite : elle structure toute la vie chrétienne.
- Dans le salut : nous sommes élus par le Père, rachetés par le Fils, renouvelés par l’Esprit.
- Dans la prière : nous prions le Père, par le Fils, dans l’Esprit.
- Dans l’amour : l’amour entre le Père et le Fils est la source de l’amour chrétien.
- Dans l’Église : l’unité de Dieu fonde l’unité du peuple de Dieu.
La Trinité est le cœur battant de la foi chrétienne. Elle révèle que Dieu n’est pas une solitude éternelle, mais une communion parfaite d’amour, dans laquelle il invite l’humanité à entrer.
La première grande œuvre de Dieu est la création de toutes choses. La Bible affirme que Dieu a créé l’univers par sa Parole : « Dieu dit… et cela fut » Genèse 1.3 . Rien n’existait avant son acte créateur : « Les cieux ont été faits par la parole de l’ » Psaumes 33.6 . Le Nouveau Testament confirme que le Père, le Fils et l’Esprit sont tous impliqués dans la création : « Tout a été fait par elle » (la Parole, le Fils) Jean 1.3 , et « l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » Genèse 1.2 .
La création manifeste la gloire de Dieu, sa sagesse et sa puissance. Elle n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un dessein souverain. Dieu crée par bonté, pour faire participer ses créatures à sa vie et à sa joie. L’être humain, créé à l’image de Dieu Genèse 1.26-27 , occupe une place particulière : il est appelé à refléter le caractère divin et à exercer une domination responsable sur la création.
Après avoir créé le monde, Dieu ne l’abandonne pas à lui-même. Il continue de le soutenir, de le diriger et de l’accomplir selon son plan. La providence désigne l’œuvre par laquelle Dieu conserve, concurre et gouverne toutes choses.
Dieu maintient l’existence de tout ce qu’il a créé. « Il soutient toutes choses par sa parole puissante » Hébreux 1.3 . Sans son action constante, la création retournerait au néant.
Dieu agit dans et à travers les actions des créatures, sans jamais violer leur volonté. « C’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire » Philippiens 2.13 . Rien ne se produit en dehors de sa souveraineté.
Dieu dirige l’histoire vers l’accomplissement de ses desseins. « L’ règne » Psaumes 93.1 . Il élève et abaisse les nations, conduit les événements et veille sur son peuple. Même ce qui semble chaotique ou injuste est intégré dans son plan parfait, comme le montre l’histoire de Joseph : « Vous aviez médité de me faire du mal ; Dieu l’a changé en bien » Genèse 50.20 .
La providence n’annule pas la responsabilité humaine ; elle garantit que rien ne peut contrecarrer les desseins de Dieu.
La plus grande œuvre de Dieu est celle de la rédemption. Face au péché et à la chute de l’humanité, Dieu n’a pas abandonné sa création. Il a mis en œuvre un plan pour sauver, restaurer et renouveler.
Dès les premiers chapitres de la Bible, Dieu se révèle comme un Dieu d’alliance. Il promet un Sauveur Genèse 3.15 , appelle Abraham Genèse 12.1-3 , et établit une relation de grâce avec son peuple. L’alliance structure toute l’histoire du salut.
Dieu choisit librement un peuple pour lui appartenir. « Il nous a élus en lui avant la fondation du monde » Ephésiens 1.4 . L’élection n’est pas un privilège exclusif, mais une vocation à refléter Dieu et à être lumière pour les nations.
Au centre de l’histoire se trouve l’œuvre du Fils. Jésus-Christ accomplit parfaitement la volonté du Père, donne sa vie en rançon pour plusieurs Marc 10.45 , porte le péché du monde Jean 1.29 , et ressuscite pour donner la vie éternelle. La croix et la résurrection sont le cœur de l’œuvre rédemptrice.
L’Esprit applique au croyant ce que Christ a accompli. Il régénère Tite 3.5 , sanctifie 1 Corinthiens 6.11 , console Jean 14.26 , et scelle les croyants pour le jour de la rédemption Ephésiens 1.13-14 .
La rédemption n’est pas seulement individuelle : elle s’étend à toute la création, qui attend d’être libérée de la corruption 8.19-21 .
Les œuvres de Dieu révèlent un Dieu vivant, actif, souverain et compatissant. De la création à la nouvelle création, Dieu agit avec puissance et sagesse pour accomplir son dessein : faire connaître sa gloire et rassembler un peuple pour lui. Contempler ses œuvres nourrit la foi, inspire la confiance et conduit à l’adoration.
Dès les premières pages de la Bible, Dieu se révèle comme le Seigneur souverain sur toute la création. Il crée par sa Parole, ordonne, bénit et confie à l’homme une mission. L’homme n’est pas autonome : il est une créature dépendante, appelée à vivre sous l’autorité bienveillante de Dieu. Le titre « Seigneur » exprime cette souveraineté. L’Ecriture affirme :
Reconnaître Dieu comme Seigneur signifie accepter sa Parole, se soumettre à sa volonté et marcher dans l’obéissance. Le refus de cette seigneurie est au cœur du péché : l’homme veut être son propre maître, définir lui-même le bien et le mal Genèse 3.5-6 . La restauration de la relation avec Dieu passe donc par la reconnaissance de sa souveraineté et par la repentance.
Si Dieu est Seigneur, il est aussi Père. Cette dimension relationnelle est déjà présente dans l’Ancien Testament, où Dieu appelle Israël « mon fils » Exode 4.22 , mais elle atteint sa plénitude dans le Nouveau Testament. Jésus enseigne à ses disciples à prier : « Notre Père qui es aux cieux » Matthieu 6.9 . Par la foi en Christ, les croyants deviennent enfants de Dieu :
La paternité de Dieu exprime son amour, sa protection, sa discipline et sa proximité. Elle n’est pas un simple concept symbolique : elle décrit une relation réelle, fondée sur l’adoption spirituelle opérée par l’Esprit 8.15-16 . Dieu n’est pas seulement le Maître souverain : il est le Père aimant qui prend soin de ses enfants.
Parce que Dieu est Seigneur et Père, l’homme est responsable devant lui. Cette responsabilité se manifeste de plusieurs manières :
- Responsabilité morale : l’homme est appelé à refléter le caractère de Dieu, à pratiquer la justice, la vérité et la sainteté.
- Responsabilité spirituelle : l’homme doit répondre à l’appel de Dieu, croire, se repentir et marcher dans la foi.
- Responsabilité vocationnelle : l’homme est chargé de cultiver la terre, de gérer la création et de vivre en relation avec les autres selon la volonté divine.
La Bible affirme que « nous aurons tous à comparaître devant le tribunal de Christ » 2 Corinthiens 5.10 . La vie humaine n’est donc pas sans direction ni sans conséquence : elle est vécue devant Dieu, sous son regard et pour sa gloire.
Dans la Bible, connaître Dieu ne signifie pas seulement savoir des choses sur lui. C’est entrer dans une relation personnelle, vivante et transformante. Jésus dit :
Cette connaissance implique :
- La foi, qui accueille la révélation de Dieu ;
- L’amour, qui répond à l’amour divin ;
- L’obéissance, qui manifeste la confiance ;
- La communion, entretenue par la prière, la Parole et l’Esprit.
La relation entre Dieu et l’homme n’est pas statique : elle est appelée à grandir. Dieu se fait connaître progressivement, et l’homme est invité à marcher avec lui, comme Énoch Genèse 5.24 , Abraham Genèse 17.1 ou les disciples de Jésus.
Dieu n’est pas un concept lointain : il est Seigneur, Père et Sauveur. L’homme, créé à son image, est appelé à vivre en relation avec lui, dans la foi, l’obéissance et l’amour. Comprendre cette relation éclaire toute la vie chrétienne et prépare à aborder les doctrines suivantes, notamment celles du péché, du salut et de la sanctification.
La doctrine de Dieu est le fondement de toute la théologie chrétienne. La Bible présente Dieu comme le Créateur souverain, et immuable, qui existe par lui-même et qui se révèle à l’humanité. Il se fait connaître par la création Psaumes 19.2 , par la conscience 2.14-15 , par l’Écriture inspirée 2 Timothée 3.16 , et pleinement en Jésus-Christ, l’image parfaite du Père Colossiens 1.15 .
Dieu est unique Deutéronome 6.4 , mais il existe éternellement en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint‑Esprit Matthieu 28.19 . Ses attributs révèlent sa grandeur : il est tout‑puissant, omniscient, saint, juste, bon, fidèle et plein de grâce. Ses œuvres manifestent son caractère : il crée, soutient, gouverne et sauve. Enfin, Dieu entre en relation avec l’homme comme Seigneur et comme Père, appelant chacun à la foi, à l’obéissance et à la communion avec lui Jean 17.3 .
Connaître Dieu n’est pas seulement comprendre des vérités : c’est entrer dans une relation vivante qui transforme la vie et oriente toute la théologie.
La doctrine de Dieu est le fondement de toute la théologie chrétienne. En parcourant l’Écriture, nous découvrons un Dieu vivant, personnel, souverain et aimant, qui se révèle, qui agit et qui appelle l’humanité à entrer en relation avec lui. L’étude de son existence, de sa révélation, de ses attributs, de son unité et de sa tri‑unité, ainsi que de ses œuvres et de sa relation avec l’homme, nous conduit à une vision plus claire et plus profonde de Celui qui est au centre de toute réalité.
Dieu n’est pas un concept abstrait ni une idée philosophique : il est le Dieu qui parle, qui crée, qui sauve et qui renouvelle. Il est le Dieu unique Deutéronome 6.4 , mais aussi le Dieu trinitaire, Père, Fils et Saint‑Esprit, agissant en parfaite harmonie pour accomplir son dessein . Il est le Créateur de toutes choses Genèse 1.1 , le Soutien de l’univers Hébreux 1.3 , et le Rédempteur qui, en Jésus-Christ, manifeste pleinement son amour et sa justice Jean 3.16 .
Cette doctrine n’est pas seulement destinée à informer l’intelligence : elle transforme la vie. Connaître Dieu, c’est entrer dans une relation vivante avec lui, marcher dans la foi, l’adoration et l’obéissance. C’est reconnaître sa souveraineté, recevoir son amour paternel, et répondre à son appel à la sainteté. Comme le dit Jésus, « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » Jean 17.3 .
En conclusion, la doctrine de Dieu est la porte d’entrée de toute théologie, mais elle en est aussi le sommet. Plus nous contemplons Dieu tel qu’il se révèle dans l’Écriture, plus nous sommes conduits à l’adoration, à la confiance et à la transformation. Cette étude prépare naturellement la transition vers les doctrines suivantes : la Parole de Dieu, la création, l’homme, le péché, le salut, l’Église et les choses dernières. Chacune de ces doctrines trouve son sens et sa cohérence dans la connaissance du Dieu vivant.
Après avoir contemplé qui est Dieu dans son être, ses attributs, sa tri‑unité et ses œuvres, il est naturel de se tourner vers la question suivante : comment ce Dieu se fait‑il connaître ?
Car si Dieu est vivant, personnel et relationnel, alors il parle. La Bible ne présente pas un Dieu silencieux ou distant, mais un Dieu qui se révèle, qui communique et qui entre en dialogue avec l’humanité.
La connaissance de Dieu n’est possible que parce qu’il prend l’initiative de se faire connaître. Sa Parole est le moyen par lequel il révèle son caractère, sa volonté et son dessein. Elle est aussi le fondement de la foi, de l’adoration et de l’obéissance. Comme l’Écriture le dit : « Toute Écriture est inspirée de Dieu » 2 Timothée 3.16 , et « la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » 10.17 .
Ainsi, après avoir étudié la doctrine de Dieu, il est essentiel d’examiner la doctrine de la Parole de Dieu, afin de comprendre comment Dieu se révèle, comment il parle, et comment sa Parole structure toute la vie du croyant. Cette doctrine servira ensuite de fondement pour aborder la création, le salut, l’Église et toute la théologie chrétienne.