Daniel 11 se situe à la rencontre de plusieurs ensembles documentaires. Les sources gréco-romaines éclairent l’histoire des royaumes hellénistiques, les guerres syriennes, les relations avec Rome et les campagnes d’Antiochos. Les livres des Maccabées permettent de comprendre la crise intérieure de Jérusalem, le grand sacerdoce, la profanation du Temple, la persécution et la résistance. Flavius Josèphe conserve et réorganise plusieurs de ces traditions tout en témoignant de la réception ancienne du livre de Daniel.
Aucune source ne doit être utilisée isolément.
Polybe est particulièrement précieux pour l’histoire politique et militaire du IIe siècle av. J.-C.
1 Maccabées constitue un témoin majeur de la révolte et de la purification du Temple.
2 Maccabées apporte des informations essentielles sur le grand sacerdoce, les martyrs et la dimension religieuse de la crise.
Tite-Live complète le dossier concernant Rome.
Josèphe demeure précieux, mais sa distance chronologique et sa dépendance envers certaines sources antérieures doivent être prises en compte.
Cette confrontation documentaire confirme la remarquable cohérence historique de nombreuses sections de Daniel 11, particulièrement دَانِيآل 11.2-35.
Elle permet également de préciser le véritable débat concernant la prophétie. La question n’est pas principalement de savoir si le texte correspond à l’histoire hellénistique : cette correspondance est précisément ce que reconnaissent des interprétations très différentes.
La question est de savoir comment l’expliquer.
La lecture historico-critique y voit principalement l’indice d’une composition au temps d’Antiochos IV. La lecture traditionnelle retenue dans cette étude y reconnaît l’accomplissement historique d’une révélation prophétique antérieure.
Dans les deux cas, la méthode académique exige de ne pas déformer les données historiques pour les faire entrer dans un système préétabli.
La comparaison avec les sources antiques permet ainsi de maintenir une distinction essentielle entre ce que les documents permettent d’établir, ce que l’exégèse permet de proposer et ce que l’interprétation prophétique conduit à conclure.