La fragmentation de l’empire d’Alexandre constitue l’un des points où les visions de Daniel peuvent être comparées avec une précision particulière.
Daniel 8 identifie explicitement le bouc à la Grèce et la grande corne à son premier grand roi (دَانِيآل 8.21).
La grande corne est brisée au sommet de sa puissance.
Quatre royaumes s’élèvent ensuite de cette nation sans posséder la même force (دَانِيآل 8.22).
Daniel 11 complète cette donnée : le royaume du conquérant n’est pas transmis à ses descendants, mais se trouve divisé « aux quatre vents du ciel » (دَانِيآل 11.4).
L’histoire correspond aux éléments essentiels de cette structure.
Alexandre meurt brutalement en 323 av. J.-C.
Sa dynastie disparaît.
Ses généraux s’affrontent.
Son empire ne retrouve jamais durablement son unité.
Plusieurs grandes monarchies hellénistiques émergent progressivement des guerres des Diadoques.
La représentation traditionnelle de quatre grands ensembles liés à Cassandre, Lysimaque, Séleucos et Ptolémée constitue une synthèse historique possible, particulièrement autour de la situation créée après Ipsos en 301 av. J.-C. Elle ne doit cependant pas être transformée en un partage instantané et définitif survenu à la mort d’Alexandre.
Pour l’interprétation de Daniel 2, la conclusion essentielle est plus simple : le troisième royaume ne demeure pas un empire unifié. Il se fragmente, mais reste dans l’horizon du monde grec jusqu’à ce que la domination romaine absorbe progressivement les principales monarchies hellénistiques.
Cette transition progressive constitue précisément l’objet de l’annexe suivante : comment Rome est-elle devenue la puissance dominante du monde hellénistique et du territoire biblique ?