Les magiciens appelés par Pharaon reproduisent le signe accompli par Aaron. Leur intervention montre que le souverain cherche à opposer aux envoyés de l’Éternel les ressources religieuses de son propre royaume. Cependant, leur capacité d’imitation ne leur permet pas de triompher du signe divin.
1. Les sages et les magiciens de Pharaon
Exode 7.11 rapporte que Pharaon fait appeler les sages et les magiciens d’Égypte.
Le texte mentionne des spécialistes capables d’accomplir des prodiges par leurs pratiques secrètes.
Dans l’Égypte ancienne, la magie, souvent désignée par le terme heka, occupe une place importante dans les croyances et les pratiques religieuses.
Elle n’est pas nécessairement considérée comme une activité opposée à la religion officielle.
Elle participe à de nombreux rites destinés à protéger les personnes, à combattre les influences hostiles ou à assurer l’efficacité de certaines pratiques cultuelles.
Les magiciens de Pharaon doivent donc être replacés dans cet environnement religieux.
2. La reproduction du prodige
Selon Exode 7.12, les magiciens jettent également leurs bâtons, qui deviennent des serpents.
Le récit affirme qu’ils reproduisent le signe par leurs pratiques secrètes.
Il ne précise cependant pas la nature exacte des moyens employés.
Plusieurs explications ont été proposées au cours de l’histoire, allant de procédés d’illusion à l’intervention de puissances spirituelles.
Le texte biblique ne fournit pas les éléments nécessaires pour trancher définitivement entre ces hypothèses.
Dans une lecture qui reconnaît la réalité historique des miracles bibliques, le prodige accompli par Aaron est compris comme une intervention divine véritable. La reproduction du signe par les magiciens demeure, quant à elle, décrite sans explication détaillée de son mécanisme.
3. Les limites de leur puissance
L’élément décisif du récit apparaît à la fin d’Exode 7.12.
Le bâton d’Aaron engloutit ceux des magiciens.
Cette victoire manifeste une supériorité que les spécialistes égyptiens ne peuvent contester par un nouveau prodige.
Ils ont reproduit le signe, mais ils n’ont pas pu empêcher celui d’Aaron de triompher.
Le récit établit ainsi une distinction fondamentale entre la capacité d’imitation et l’autorité véritable.
Cette différence apparaîtra de nouveau au cours des plaies.
En Exode 8.18-19, les magiciens ne parviennent plus à reproduire le signe des moustiques ou des insectes désignés par le terme hébreu kinnîm, selon les traductions.
Ils reconnaissent alors que l’événement manifeste le « doigt de Dieu ».