La première série comprend les trois premiers jugements.
Elle atteint principalement les eaux, les animaux et les conditions de vie.
3.1. Première plaie : les eaux changées en sang
La première plaie frappe les eaux du Nil et les autres ressources aquatiques mentionnées dans le récit (Exode 7.14-25).
Aaron étend son bâton, et les eaux deviennent du sang.
Les poissons meurent, et les Égyptiens ne peuvent plus boire l’eau du fleuve.
Cette intervention atteint une ressource fondamentale de la civilisation égyptienne.
Le Nil assure une grande partie de la prospérité agricole et économique du pays.
La première plaie manifeste donc immédiatement la souveraineté de l’Éternel sur un élément essentiel à la vie.
Elle possède également une portée religieuse dans une civilisation où le fleuve est associé à la fertilité et à plusieurs traditions divines.
Cependant, le récit souligne avant tout la finalité de la révélation divine.
Dieu annonce que Pharaon reconnaîtra son autorité par ce signe.
Les spécialistes religieux égyptiens reproduisent un phénomène comparable, mais Pharaon demeure insensible au jugement.
3.2. Deuxième plaie : les grenouilles
La deuxième plaie provoque une invasion massive de grenouilles (Exode 8.1-15).
Les animaux pénètrent dans les habitations, les chambres et les ustensiles.
Le jugement atteint directement la vie quotidienne des Égyptiens.
Pharaon demande alors à Moïse de prier l’Éternel afin que les grenouilles disparaissent.
Cette demande montre qu’il reconnaît momentanément la nécessité d’une intervention divine.
Cependant, lorsque le jugement cesse, il endurcit son cœur.
La deuxième plaie révèle ainsi un élément qui se répétera dans la suite du récit.
Pharaon peut reconnaître la gravité d’une situation et demander sa cessation sans accepter durablement la volonté divine.
3.3. Troisième plaie : les moustiques
La troisième plaie intervient lorsque Aaron frappe la poussière du sol (Exode 8.16-19).
Une multitude de petits insectes atteint les hommes et les animaux.
Le terme hébreu employé peut être traduit par « moustiques », « moucherons » ou « poux ».
L’identification exacte demeure incertaine.
Cependant, le récit insiste sur l’échec des spécialistes religieux égyptiens.
Ils ne parviennent pas à reproduire le phénomène et déclarent :
« C’est le doigt de Dieu ! » (Exode 8.19).
Cette reconnaissance marque une étape importante.
Les spécialistes religieux de Pharaon admettent l’existence d’une puissance qui dépasse leurs capacités.
Le souverain, cependant, refuse toujours de laisser partir Israël.
3.4. Signification de la première série
Les trois premières plaies manifestent la souveraineté divine sur les éléments naturels.
Elles atteignent les eaux, les animaux et la poussière du sol.
Elles montrent également les limites des spécialistes religieux égyptiens.
Enfin, elles révèlent la persistance de l’endurcissement de Pharaon.
La première série établit ainsi les fondements de la confrontation : Dieu manifeste sa puissance, mais le souverain refuse de reconnaître son autorité.