Les annexes de Daniel 12 confirment ainsi que le dernier chapitre constitue l’aboutissement naturel de tout le livre. Les visions de Daniel ne conduisent pas simplement vers la chute d’un empire ou vers le remplacement d’un royaume par un autre. Elles conduisent vers le jugement, la résurrection et le règne définitif de Dieu.
Les périodes prophétiques montrent que le mal possède une durée limitée. L’abomination montre que la rébellion humaine atteint son sommet lorsqu’elle cherche à usurper ce qui appartient à Dieu. Michel rappelle que le conflit terrestre possède une dimension céleste. Matthieu 24 confirme que Jésus lui-même lit la crise eschatologique à la lumière de Daniel. L’Apocalypse reprend et développe les mêmes structures. La lecture chronologique associée à Edward Denny offre enfin une reconstruction cohérente permettant d’articuler accomplissement messianique et correspondance eschatologique, tout en exigeant que soient clairement distinguées les données certaines des hypothèses interprétatives.
Mais Daniel ne se termine ni par Michel, ni par l’abomination, ni par la bête, ni même par les 1 335 jours.
Il se termine par une parole adressée à un homme devenu âgé après une vie entière de fidélité :
« Tu te reposeras, et tu seras debout pour ton héritage à la fin des jours. »
Cette phrase donne finalement sa perspective à toute la prophétie. Les royaumes passent, les persécuteurs disparaissent, les périodes s’achèvent et les morts eux-mêmes se relèvent. Le dernier mot de Daniel n’appartient donc ni à Babylone ni à la bête, mais au Dieu qui garde ses serviteurs jusque dans la mort et les relève pour leur donner leur héritage.