Le paradoxe est constant dans Daniel.
Plus la puissance hostile paraît élevée, plus elle approche de sa chute.
Daniel 11.45 conclut :
« Puis il arrivera à la fin, sans que personne lui soit en aide. »
Daniel 12 commence immédiatement :
« En ce temps-là se lèvera Michel ».
La prétention maximale de l’adversaire précède donc son effondrement.
L’abomination de la désolation constitue ainsi l’un des grands fils conducteurs de la prophétie biblique. Antiochus IV en fournit le modèle historique le plus net avant Jésus ; la destruction de Jérusalem constitue un second horizon majeur ; Daniel 12, l’enseignement de Jésus, 2 Thessaloniciens 2 et l’Apocalypse ouvrent cependant la perspective d’un accomplissement final dans lequel la puissance hostile cherchera à transformer sa domination en usurpation religieuse.
La prophétie ne demande pas de confondre ces différents horizons, mais de reconnaître la structure qui les unit. À chaque étape, la puissance humaine semble pouvoir s’emparer de ce qui appartient à Dieu. À chaque étape, sa domination demeure limitée. L’abomination marque l’apogée de la rébellion ; elle ne marque jamais la victoire définitive du rebelle.