La révolte des Maccabées constitue l’un des épisodes les plus importants de l’histoire juive du second Temple et fournit l’arrière-plan direct de Daniel 11.32-35.
La crise commence bien avant l’insurrection militaire. Les rivalités sacerdotales, les divisions internes et l’intervention croissante du pouvoir séleucide préparent le terrain. Lorsque les pratiques essentielles de l’alliance sont interdites et que le Temple est profané, la crise atteint cependant un niveau nouveau.
Mattathias incarne le refus initial du compromis. Judas Maccabée transforme ensuite cette résistance en mouvement militaire capable de remporter plusieurs victoires. En 164 av. J.-C., le sanctuaire est repris, purifié et de nouveau consacré. La fête de Hanoucca conservera la mémoire de cet événement, encore attestée au temps de Jésus par Jean 10.22-23.
Daniel emploie pourtant une expression étonnamment mesurée :
« ils seront un peu secourus » (Daniel 11.34).
Cette qualification résume parfaitement la portée de l'événement.
Le secours est réel : le culte est restauré.
Mais il est partiel : les guerres continuent.
Le persécuteur meurt, mais d’autres puissances apparaissent.
Une dynastie juive se développe, mais elle n’établit pas le royaume éternel.
Rome finit elle-même par dominer Jérusalem.
La véritable ligne de continuité entre Daniel 11 et Daniel 12 ne passe donc pas seulement par la victoire militaire. Elle passe par les fidèles qui connaissent leur Dieu, par les sages qui instruisent la multitude et par ceux qui demeurent fidèles même lorsque cette fidélité conduit à la mort.
C’est pourquoi Daniel 11 ne s’achève pas avec Judas Maccabée.
La purification du Temple constitue une délivrance historique remarquable, mais la prophétie conduit encore plus loin : vers la fin du persécuteur, la délivrance définitive et la résurrection.
Les Maccabées obtiennent un secours dans l’histoire ; Daniel annonce finalement une victoire qui dépasse l’histoire et la mort elle-même.