Dans la partie historique de Daniel 11, les expressions « roi du Nord » et « roi du Sud » possèdent une signification relativement claire. Le Sud correspond à la dynastie ptolémaïque établie en Égypte ; le Nord correspond à la dynastie séleucide dont les centres occidentaux se situent en Syrie. Ces directions sont définies depuis la terre d’Israël.
Cette donnée fournit le principe essentiel pour l’interprétation eschatologique : Israël demeure le point de référence géographique.
Daniel 11.40 réintroduit les deux titres « au temps de la fin ». Il est donc légitime de rechercher une continuité avec leur signification historique. Il serait en revanche imprudent de transformer immédiatement cette continuité en identification certaine avec un État contemporain.
La Russie, la Turquie, la Syrie ou différentes coalitions ont été proposées pour identifier le roi du Nord. Certaines hypothèses peuvent présenter des arguments géographiques ou historiques intéressants, mais aucune ne peut être considérée comme explicitement établie par Daniel 11.
La même prudence s’impose pour Édom, Moab, Ammon, les Libyens et les Koushites. Les territoires antiques doivent d’abord être compris dans leur propre géographie avant d’être rapprochés d’États modernes.
Une donnée demeure cependant remarquable : la dernière séquence revient vers le « pays magnifique » puis vers la « glorieuse et sainte montagne ». Après toutes les campagnes internationales, le mouvement converge vers Jérusalem.
La question centrale n’est donc finalement pas : quelle puissance moderne pouvons-nous reconnaître le plus rapidement ?
Elle est plutôt : pourquoi la prophétie conduit-elle constamment les conflits des empires vers le peuple, l’alliance et le lieu consacré à Dieu ?
Daniel 11 répond par toute sa structure : les guerres humaines ne sont que la surface visible d’un conflit plus profond concernant la souveraineté, la fidélité et l’adoration.
C’est pourquoi l’identification des acteurs doit rester prudente, tandis que le message central peut être affirmé avec beaucoup plus de certitude : au temps de la fin comme au temps d’Antiochos, le conflit des royaumes finit par devenir un conflit autour de ce qui appartient à Dieu.