Daniel 10 se situe à la rencontre de plusieurs dimensions :
l'histoire, avec Cyrus, la Perse et bientôt la Grèce ;
la chronologie, avec Daniel désormais âgé de plus de quatre-vingts ans ;
la prière, avec trois semaines d'humiliation ;
le monde invisible, avec le prince de Perse, Michel et le prince de Grèce ;
la prophétie, avec le « livre de la vérité » ;
l'eschatologie, avec l'avenir du peuple de Daniel qui conduira jusqu'aux événements de Daniel 12.
Aucune de ces dimensions ne doit être isolée des autres.
Le message central apparaît précisément dans leur articulation.
Daniel voit peu de choses de ce qui se déroule réellement.
Il ignore d'abord que sa prière a été entendue.
Il ignore le combat du messager.
Il ignore l'intervention de Michel.
Il ignore encore l'immense succession d'événements qui conduira de la Perse à la Grèce puis jusqu'à l'horizon final de la prophétie.
Pourtant, ce qu'il ignore n'échappe pas à Dieu.
Le « livre de la vérité » exprime cette certitude.
Les empires passent.
Les souverains se succèdent.
Les puissances invisibles combattent.
Les réponses peuvent sembler tarder.
Le peuple de Dieu peut traverser des périodes de profonde détresse.
Mais l'histoire n'est ni abandonnée au hasard ni livrée définitivement aux puissances hostiles.
C'est finalement la grande affirmation théologique de Daniel 10 et de l'ensemble de ses annexes :
l'homme ne voit qu'une partie de l'histoire ; Dieu en connaît l'ensemble. Le combat est réel, l'attente peut être longue et les puissances adverses peuvent résister, mais aucune d'elles ne possède le dernier mot.