Daniel 10 ouvre une fenêtre exceptionnelle sur le monde angélique, mais cette fenêtre reste volontairement étroite.
Le chapitre révèle des messagers célestes, Michel, le prince de Perse, le prince de Grèce, des différences de rang, une résistance de vingt-et-un jours et un véritable conflit invisible.
Ces éléments doivent être pleinement reconnus.
Mais Daniel 10 ne fournit pas :
une hiérarchie complète des anges ;
une cartographie des démons ;
une liste des esprits territoriaux ;
une méthode pour découvrir leurs noms ;
une justification pour leur adresser directement la parole ;
une prescription invitant à commander aux anges ;
ou une explication démoniaque universelle de tous les obstacles rencontrés dans la prière.
La sobriété du texte doit devenir celle de son interprétation.
Daniel ne recherche pas le monde invisible : celui-ci lui est révélé parce qu'il est nécessaire à la compréhension du message.
Il ne prie pas Michel.
Il ne combat pas le prince de Perse.
Il ne cherche pas à connaître son nom.
Il s'humilie devant Dieu, persévère dans la prière et reçoit ce que Dieu choisit de lui révéler.
Daniel 10 enseigne ainsi simultanément la réalité du combat spirituel et les limites de la connaissance humaine à son sujet.
La conclusion essentielle n'est donc pas que le croyant doit devenir spécialiste des puissances invisibles, mais qu'il peut demeurer fidèle au Dieu souverain même lorsqu'une partie considérable de la réalité lui demeure cachée.
Le monde invisible est réel ; le conflit est réel ; mais Dieu seul demeure souverain sur l'ensemble de l'histoire visible et invisible.