Les principales interprétations de la petite corne de Daniel 7 possèdent chacune une logique propre.
La lecture historico-critique souligne avec raison l’importance considérable d’Antiochos IV pour comprendre Daniel 8 et 11. La lecture historiciste rappelle justement que le quatrième royaume possède une histoire longue et complexe. La lecture typologique permet de reconnaître que certaines figures historiques peuvent anticiper un accomplissement ultérieur.
Cependant, plusieurs données orientent la présente étude vers une interprétation eschatologique de Daniel 7 : la Médo-Perse forme une seule puissance dans Daniel 8 ; la Grèce lui succède ; le quatrième royaume est donc postérieur à la Grèce ; la petite corne apparaît dans la phase des dix rois de ce quatrième royaume ; elle demeure active jusqu’au jugement ; et l’Apocalypse reprend ces mêmes symboles pour décrire le conflit final contre l’Agneau.
La lecture retenue distingue donc la préfiguration historique et l’accomplissement final. Antiochos IV représente un prototype majeur du souverain persécuteur. L’histoire ultérieure peut offrir d’autres manifestations du même principe. Mais l’accomplissement complet de la petite corne de Daniel 7 est recherché dans la puissance eschatologique que la théologie chrétienne désigne comme l’Antéchrist.
Cette conclusion demeure une reconstruction théologique argumentée à partir de l’ensemble du corpus prophétique. Elle ne doit jamais effacer la donnée la plus certaine du chapitre : quelle que soit l’identité historique précise de la petite corne, sa domination est limitée, son jugement est annoncé et le royaume éternel appartient finalement au Fils de l’homme et aux saints du Très-Haut.