La petite corne de Daniel 7 constitue l’une des descriptions les plus importantes de la puissance hostile finale dans la prophétie biblique.
Son origine dans la quatrième bête, son apparition parmi les dix rois, l’abaissement de trois d’entre eux, son arrogance contre le Très-Haut, sa persécution des saints et la durée limitée de son pouvoir forment un ensemble cohérent.
Antiochos IV fournit un précédent historique essentiel et permet de comprendre plusieurs traits de cette opposition. Il ne correspond cependant pas naturellement à la position de la petite corne de Daniel 7 dans la séquence Babylone-Médo-Perse-Grèce-quatrième royaume.
Les rapprochements avec 2 Thessaloniciens 2, Apocalypse 13 et Apocalypse 17 orientent vers une puissance eschatologique personnelle et politique précédant directement l’intervention du Messie.
Dans la lecture défendue ici, cette figure correspond donc à l’accomplissement final de ce que la théologie chrétienne désigne communément comme l’Antéchrist.
Mais Daniel 7 place immédiatement une limite à son importance : son pouvoir est temporaire, sa durée est fixée et sa condamnation est certaine. La petite corne peut s’élever contre le Très-Haut ; elle ne peut ni renverser son tribunal, ni empêcher le Fils de l’homme de recevoir le royaume, ni priver définitivement les saints de l’héritage qui leur est promis.