L’identification de la quatrième bête à Rome repose sur plusieurs correspondances convergentes : sa position après la Grèce, son association avec le fer comme le quatrième royaume de Daniel 2, son caractère conquérant et sa place dans la succession des puissances dominant le monde biblique.
Cependant, Daniel 7 ne permet pas de limiter cette bête à l’Empire romain antique dans sa seule forme historique.
Les dix cornes apparaissent à partir d’elle.
La petite corne surgit ensuite parmi ces puissances.
Cette dernière persécute les saints pendant une période déterminée.
Puis le tribunal céleste intervient et le royaume éternel est établi.
La vision conduit donc directement de la dernière phase de la quatrième bête au jugement final.
La lecture défendue dans cette étude considère par conséquent Rome comme le commencement historique du quatrième royaume et la configuration des dix rois comme son développement prophétique final. Cette continuité ne suppose pas nécessairement la survie institutionnelle ininterrompue de l’Empire romain ; elle désigne la continuité de la quatrième puissance dans la structure prophétique.
Cette distinction permet de respecter à la fois l’histoire et l’eschatologie du chapitre : le quatrième royaume commence dans l’Antiquité, mais la vision ne l’abandonne qu’au moment où le royaume du Fils de l’homme vient définitivement remplacer les royaumes des hommes.