La séquence Babylone-Médo-Perse-Grèce-Rome rend compte de manière particulièrement cohérente des correspondances entre Daniel 2, Daniel 7 et Daniel 8.
Son principal avantage est de respecter l’identification explicite de la Médo-Perse comme une puissance unifiée dans Daniel 8.20 et celle de la Grèce comme puissance suivante en Daniel 8.21.
La quatrième bête peut alors être identifiée à Rome, dont la représentation prophétique se prolonge jusqu’à la phase des dix rois et à l’apparition de la puissance hostile finale.
Cette lecture n’oblige pas à nier le rôle d’Antiochos IV dans les prophéties de Daniel. Elle permet au contraire de le situer principalement dans le contexte grec de Daniel 8 et de Daniel 11, tout en reconnaissant dans son action une préfiguration de caractéristiques qui réapparaissent dans les descriptions eschatologiques.
La succession des quatre royaumes fournit ainsi le cadre historique de Daniel 7, mais elle n’en constitue pas l’aboutissement. Les quatre empires ne sont que les étapes d’une histoire dont le terme véritable est le jugement des puissances terrestres et l’établissement du royaume éternel du Fils de l’homme.