La pierre et la montagne constituent l’aboutissement théologique de Daniel 2.
La pierre vient d’une origine différente de celle de la statue :
elle est détachée :
« sans l’intervention d’aucune main » (Daniel 2.34,45).
Elle représente donc un Royaume qui ne procède pas de la succession ordinaire des empires.
Daniel l’interprète explicitement :
« Le Dieu du ciel fera surgir un royaume qui ne sera jamais détruit » (Daniel 2.44).
Dans le contexte immédiat, la pierre représente d’abord le Royaume de Dieu.
La lecture messianique apparaît lorsque Daniel 2 est mis en relation avec Daniel 7 et avec l’ensemble du témoignage biblique. Le Fils de l’homme reçoit la domination éternelle (Daniel 7.13-14), tandis que le Nouveau Testament applique à Jésus plusieurs traditions relatives à la pierre (Psaume 118.22 ; Esaïe 8.14 ; 28.16 ; Matthieu 21.42-44 ; 1 Pierre 2.4-8).
La montagne ajoute une dimension décisive.
Après la destruction de la statue :
« la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne et remplit toute la terre » (Daniel 2.35).
Le Royaume ne constitue donc pas seulement une force de jugement.
Il devient la souveraineté universelle qui remplace définitivement les royaumes humains.
Les prophéties relatives à Sion et à la montagne du Seigneur fournissent un arrière-plan significatif à cette image (Psaume 2.6-8 ; Esaïe 2.2-4 ; Michée 4.1-3).
Dans la lecture chrétienne, ce Royaume est déjà inauguré par le Messie, mais son accomplissement universel demeure encore attendu. Jésus possède déjà « tout pouvoir dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28.18), tandis que l’Écriture reconnaît :
« nous ne voyons pas encore que tout lui soit soumis » (Hébreux 2.8).
Daniel 2 conduit ainsi de l’histoire des empires à son terme véritable : non pas un cinquième empire humain, mais le Royaume indestructible de Dieu, exercé par son Messie et destiné à remplir toute la terre.