La datation de Daniel constitue un débat réel et complexe.
Elle ne peut être résolue par l’affirmation que tous les défenseurs d’une date tardive rejetteraient simplement la prophétie surnaturelle.
La recherche critique invoque également des arguments historiques, linguistiques, littéraires et génériques qui doivent être examinés pour eux-mêmes.
Inversement, la précision des visions concernant l’époque hellénistique ne démontre une rédaction postérieure aux événements que si la possibilité d’une véritable prophétie prédictive est préalablement exclue ou si d’autres indices indépendants conduisent à la même conclusion.
Plusieurs données invitent à la prudence.
Le cas de Belshatsar montre que certaines objections historiques anciennes ont dû être réévaluées à la lumière de nouvelles découvertes.
Darius le Mède demeure en revanche une difficulté dont l’identification précise n’est pas établie.
Les données linguistiques fournissent des indices, mais ne permettent pas isolément de fixer une année de composition.
Les manuscrits de Qumrân attestent une diffusion ancienne du livre sans résoudre directement l’alternative entre VIe et IIe siècle av. J.-C.
Pour l’interprétation de la statue, la donnée interne la plus importante demeure indépendante d’une grande partie de ce débat : Daniel 8.20 réunit les Mèdes et les Perses dans un seul bélier, puis Daniel 8.21 fait apparaître la Grèce comme puissance suivante.
C’est pourquoi la succession Babylone → Médo-Perse → Grèce → Rome peut être défendue d’abord à partir de la structure du livre, avant même d’aborder la question théologique de la prédiction.
La datation demeure donc indispensable à l’étude académique de Daniel, mais elle ne doit pas devenir un présupposé qui déciderait à l’avance du sens de ses symboles. L’interprétation doit commencer par ce que le texte affirme explicitement, distinguer ce qu’il permet d’inférer, puis confronter ces données aux différentes reconstructions historiques proposées.