Le passage du bronze au fer constitue un processus historique.
Rome n’apparaît pas soudainement après la disparition totale du monde grec.
Elle commence par intervenir dans les conflits hellénistiques.
Elle bat la Macédoine.
Elle impose ses conditions aux Séleucides.
Elle transforme progressivement plusieurs territoires en provinces.
Elle met fin au royaume séleucide.
Elle entre à Jérusalem.
Elle absorbe finalement l’Égypte ptolémaïque.
La séquence peut être résumée par quatre repères particulièrement significatifs :
168 av. J.-C. : Rome démontre sa prééminence sur la Macédoine et impose sa volonté à Antiochos IV ;
146 av. J.-C. : sa domination sur le monde grec est consolidée ;
64-63 av. J.-C. : la Syrie séleucide disparaît et la Judée entre dans la sphère romaine ;
30 av. J.-C. : l’Égypte ptolémaïque, dernier grand royaume hellénistique, est absorbée.
Cette progression explique pourquoi la succession de Daniel 2 ne doit pas être transformée en chronologie artificiellement rigide.
Le bronze cède progressivement la domination au fer.
Au moment où s’ouvre le Nouveau Testament, cette transition est achevée : Rome constitue la puissance dominante du monde méditerranéen et du territoire dans lequel apparaît Jésus.
Cette donnée fournit un élément historique majeur à l’interprétation du quatrième royaume, tout en laissant ouverte la question de ses transformations ultérieures représentées par les pieds de fer et d’argile.