Le rapprochement entre Joseph devant Pharaon et Daniel devant Nébucadnetsar repose sur des correspondances textuelles et narratives suffisamment importantes pour être pris au sérieux.
Les deux récits montrent un souverain troublé par un rêve, l'échec des spécialistes de sa cour, l'intervention d'un serviteur du Dieu d'Israël, l'attribution explicite de la connaissance à Dieu, la reconnaissance de cette origine divine par le souverain et l'élévation finale du serviteur.
La différence principale demeure néanmoins essentielle.
Joseph reçoit du roi le contenu du rêve qu'il doit interpréter.
Daniel ne le reçoit pas de Nébucadnetsar : Dieu doit lui révéler à la fois le rêve et son interprétation.
Cette différence renforce la thèse centrale de Daniel 2.
Daniel n'est pas présenté comme un interprète particulièrement habile capable de surpasser les spécialistes babyloniens à partir des mêmes informations.
Il connaît précisément ce qu'aucun être humain présent à la cour ne pouvait lui communiquer.
C'est pourquoi Joseph pouvait déclarer : « N'est-ce pas à Dieu qu'appartiennent les interprétations ? » (Genèse 40.8), tandis que Daniel affirme : « Il y a dans le ciel un Dieu qui révèle les mystères » (Daniel 2.28).
Dans les deux cas, le serviteur interprète, mais Dieu révèle.