Daniel 1.8 fournit une donnée certaine : Daniel considère que consommer les mets et le vin du roi entraînerait pour lui une forme de souillure.
Le texte ne donne cependant pas la raison exacte de cette conviction.
Les prescriptions alimentaires de la Torah constituent une première explication sérieuse, notamment en ce qui concerne les viandes. Mais elles expliquent moins directement le refus du vin.
L’incertitude concernant les conditions de préparation, la présence éventuelle de sang, une possible association avec les cultes babyloniens et la signification particulière de la table royale peuvent également avoir joué un rôle.
La solution la plus prudente consiste donc à ne pas réduire Daniel 1.8 à une seule cause que le texte ne formule pas.
L’essentiel du récit se trouve ailleurs.
Daniel accepte une grande partie des contraintes de son nouvel environnement : formation babylonienne, nouveau nom et service du souverain. Mais il discerne une limite qu’il refuse de franchir.
Cette limite n’est pas imposée de manière agressive. Daniel demande une solution, propose un essai et cherche à ne pas mettre en danger le responsable chargé de lui.
Daniel 1 présente ainsi une fidélité à la fois ferme et réfléchie.
Le passage ne cherche pas principalement à établir un régime alimentaire idéal. Il montre comment Daniel apprend, dès le commencement de son séjour à Babylone, à distinguer ce qu’il peut accepter de ce qu’il ne peut accepter sans compromettre sa fidélité à Dieu.