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ANN115 Fiabilité des Écritures et autres thèmes doctrinaux

Le purgatoire

La Bible parle du royaume de Dieu ou du paradis comme un lieu dans la présence de Dieu réservé à ceux qui sont sauvés...

En bref

L'article discute du purgatoire, une doctrine catholique non biblique controversée, rejetée par les protestants. Il explore l'origine du terme et compare les principes du purgatoire avec les enseignements bibliques, critiquant l'absence de fondement scripturaire pour certains aspects, comme la prière pour les âmes.

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16 min
Références
12
Livres cités
6
Niveau
Moyen
Public
Intermédiaire
Publiée
06/11/2025
Mise à jour
09/03/2026
Lieux

purgatoire · paradis · enfer

Périodes

12ème siècle · concile de Lyon 1274

Mots-clés

purgatoire · catholicisme · doctrine · purification

Notions

purgatoire · doctrine · purification

Références bibliques

1 Jean 1.9 · Hébreux 9.27-28 · 1 Corinthiens 3.12 · 1 Corinthiens 3.13-15

Résumé

Cet article explore la doctrine chrétienne du purgatoire, un concept introduit par l'Église catholique au 12ème siècle et officialisé lors du concile de Lyon en 1274. Le purgatoire est présenté comme un état post-mortem où les âmes nécessitent une purification avant d'accéder au royaume de Dieu. Ce concept, bien qu'il ait des racines dans l'idée de purification biblique (comme évoqué en 1 Jean 1:9), n'est pas explicitement mentionné dans la Bible, d'où son rejet par l'Église protestante. L'article examine l'étymologie du terme 'purgatoire', soulignant son origine latine dérivée du verbe 'purgare', signifiant nettoyer. Il discute du principe du purgatoire, comparant l'idée de purification par le 'feu spirituel' (1 Corinthiens 3:13-15) avec l'enseignement biblique. Finalement, l'article critique la pratique catholique de prier pour les âmes du purgatoire, soulignant l'absence de fondement scripturaire pour cette tradition.

Pour plus d'informations

Introduction

La Bible parle du royaume de Dieu ou du paradis comme un lieu dans la présence de Dieu réservé à ceux qui sont sauvés. Elle définit aussi un lieu qui recevra ceux qui sont perdus. Il est décrit comme un lieu de tourments, il est appelé l’enfer ou la géhenne ou même Hadès. Il n’y a, dans la Bible que ces deux références ou ces deux lieux correspondant à deux états, sauvé et perdu.

Certains intellectuels au 12ème siècle ont imaginé un troisième lieu, le purgatoire, afin d’échapper à ce jugement considéré comme trop sévère et trop brutal. Ce concept a pris corps dans l’Eglise catholique et sera adopté ou entériné lors du concile de Lyon en 1274.

Nous nous proposons dans cette étude d’analyser ce point de doctrine de la religion catholique et tenter de comprendre comment une idée qui n’est pas inscrite dans la Bible arrive à devenir un dogme dans l’Eglise catholique. L’Eglise protestante rejette catégoriquement ce précepte.

I - Etymologie du mot, purgatoire

Le mot purgatoire vient du latin « purgatorium », qui est le substantif neutre dérivé de « purgatorius », signifiant « purificateur » ou « qui purifie ». Ce terme lui-même provient du verbe « purgare », qui signifie « nettoyer » ou « purger ». A l'origine, on parlait du feu purgatoire avant que le mot ne désigne un lieu spécifique. Ce terme dérive donc du principe biblique de la purification du péché comme le précise 1 Jean 1.9 :

II - Le principe du purgatoire

Le purgatoire est considéré par l’Eglise catholique, comme un état après la mort dans lequel se trouvent des âmes qui nécessitent une purification supplémentaire avant d'entrer dans le royaume de Dieu. Même si l’idée est intéressante elle est cependant à priori contredite par Hébreux 9.27 :

Donc si nous suivons cette idée des âmes pas complètement pardonnées, elles devraient subir une purification personnelle complémentaire. Comment se fait cette purification selon le principe proposé par l’Eglise catholique ?

1 - Par le feu spirituel : Certains textes bibliques, comme 1 Corinthiens 3.13-15, évoquent un feu qui éprouve et purifie les œuvres des croyants.

Dans ces versets, on ne trouve pas le principe de la purification. Ils mettent en évidence les œuvres de chacun et évaluent leurs qualités. Bien que les œuvres ne sauvent pas, elles nous suivent tout de même. Il est donc important de juger le travail de chacun, ce jugement ayant lieu au jour du jugement dernier devant le tribunal de Christ. La métaphore du feu illustre la qualité des œuvres comme indiqué dans 1 Corinthiens 3.12.

2 - Par la prière des vivants : L'Eglise catholique encourage la prière pour les âmes du purgatoire, notamment à travers des messes et des intentions spécifiques. Ce principe de prier pour les morts et pour leur salut n’a pas de base scripturaire. Il n’est pas reconnu par l’Eglise protestante.

Vous pouvez consulter l’annexe ANN110 : La mort, ce que dit la Bible. Les exégètes catholiques avancent le fait suivant : selon 2 Timothée 1.16-18 l’apôtre Paul prie pour Onésiphore qui serait en suivant leur interprétation, mort.

Onésiphore

C’est l’apôtre Paul qui parle de Onésiphore et qui le cite dans un seul cas :

2 Timothée 1.16-18 (Louis Segond S21) :
Que le Seigneur accorde sa compassion à la famille d'Onésiphore, car il m'a souvent réconforté et n'a pas eu honte de ma situation de prisonnier.Au contraire, lorsqu'il est venu à Rome, il m'a cherché avec beaucoup d'empressement et m'a trouvé.Que le Seigneur lui donne d'obtenir grâce auprès du Seigneur ce jour-là. Tu sais mieux que personne combien de services il a rendus à Ephèse.

2 Timothée 1.16-18 (Louis Segond S21) :
Que le Seigneur accorde sa compassion à la famille d'Onésiphore, car il m'a souvent réconforté et n'a pas eu honte de ma situation de prisonnier.Au contraire, lorsqu'il est venu à Rome, il m'a cherché avec beaucoup d'empressement et m'a trouvé.Que le Seigneur lui donne d'obtenir grâce auprès du Seigneur ce jour-là. Tu sais mieux que personne combien de services il a rendus à Ephèse.

Regardez la version NEG.

2 Timothée 1.16-18 (Louis Segond S21) :
Que le Seigneur accorde sa compassion à la famille d'Onésiphore, car il m'a souvent réconforté et n'a pas eu honte de ma situation de prisonnier.Au contraire, lorsqu'il est venu à Rome, il m'a cherché avec beaucoup d'empressement et m'a trouvé.Que le Seigneur lui donne d'obtenir grâce auprès du Seigneur ce jour-là. Tu sais mieux que personne combien de services il a rendus à Ephèse.

Regardez la version Darby.

2 Timothée 1.16–18 (PVV)

16 Par contre, Onésiphore m’a souvent réconforté. Que le Seigneur fasse sentir sa bonté à toute sa famille. Lui, du moins, n’a pas eu honte de me rendre visite en prison.

17 Dès son arrivée à Rome, il s’est mis activement à ma recherche, il n’a reculé devant aucune fatigue, aussi a-t-il fini par me découvrir.

18 Que le Seigneur Jésus lui donne d’avoir part à la bonté de Dieu au Jour (du jugement). Tu sais mieux que personne combien de services il m’a rendus à Ephèse.

Le verset de 2 Timothée 1.16 stipule uniquement le souhait et la prière de l’apôtre Paul afin que Dieu bénisse la famille d’Onésiphore. En effet au regard du voyage qu’il a effectué à Rome nous pouvons supposer que Paul sous-entendait son absence pendant cette période.

Le verset de 2 Timothée 1.18, en particulier la première partie : "Que le Seigneur lui donne d’obtenir grâce auprès du Seigneur ce jour-là", peut être difficile à interpréter dans le cadre de l’option d’un purgatoire. Il peut plus simplement signifier que, lors du jugement dernier, l’apôtre Paul souhaite que le Seigneur considère les actions d’Onésiphore comme bénéfiques et encourageantes pour lui-même. De plus, il est possible que Paul espérât qu'Onésiphore ne perde jamais sa foi et son salut, contrairement à certaines personnes de son entourage, à cette époque.

3 - Par la miséricorde divine : Le purgatoire est un processus permettant aux âmes d'atteindre la sainteté nécessaire pour entrer au paradis.

La miséricorde divine se traduit par la proposition du salut universel offerte à l'humanité grâce à la mort expiatoire du Messie Jésus. La sainteté, entendue comme une pureté absolue ou une perfection morale, peut sembler inaccessible. Toutefois, la notion de sainteté en tant que séparation du monde devient tangible par le biais de la conversion à Dieu.

III - La genèse du purgatoire

Il est pertinent d'examiner l’origine et l'évolution historique de ce dogme, qui, rappelons-le, demeure entièrement distinct des doctrines bibliques. Nous considérons que les livres apocryphes n’appartiennent pas au canon de la Bible.

La prière pour les défunts est mentionnée dans le Deuxième Livre des Maccabées, en 2 Maccabées 12.46. Ce passage décrit Judas Maccabée ordonnant un sacrifice expiatoire pour les soldats tombés au combat afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés. Ce verset est cité comme référence « biblique » de la doctrine du purgatoire et de la prière pour les morts dans le catholicisme. Il est important de noter que les quatre livres des Maccabées ne sont pas inclus dans le canon biblique.

(Les quatre livres des Maccabées

Il existe quatre livres des Maccabées, mais leur reconnaissance varie selon les traditions religieuses :

Le judaïsme ne les inclut pas dans la Bible hébraïque.

Le catholicisme reconnaît uniquement les deux premiers comme livres deutérocanoniques.

Les Eglises orthodoxes acceptent les quatre livres parmi les livres deutérocanoniques.

Le protestantisme les considère comme apocryphes et les classe parmi les livres intertestamentaires.

Les deux premiers livres racontent la révolte des Maccabées contre les Séleucides, tandis que les troisième et quatrième livre abordent des thèmes philosophiques et historiques.)

La notion de purgatoire a commencé à se préciser au XIe siècle, mais c'est surtout au XIIe siècle qu'elle a pris une forme plus définie. L'historien Jacques Le Goff parle même de la "naissance du purgatoire" à cette époque.

Ensuite, la doctrine a été officiellement affirmée par l'Eglise catholique lors du premier concile de Lyon en 1245, puis du second concile de Lyon en 1274, et enfin du concile de Florence en 1439. Le mot "purgatoire" lui-même a été utilisé pour la première fois dans un décret du concile de Trente en 1547.

C’est lors du Concile de Trente (1545-1563) que le purgatoire est confirmé comme un dogme, et l'Eglise catholique insiste sur l'importance des prières et des indulgences pour les âmes en purification.

Comment expliquer cette proposition du purgatoire au Moyen Age ?

Affirmation doctrinale : L'Eglise cherchait à structurer davantage ses enseignements sur l'au-delà et à répondre aux interrogations des fidèles sur le sort des âmes après la mort.

Encouragement des prières et des indulgences : La doctrine du purgatoire permettait de justifier les prières pour les défunts et les indulgences, qui étaient un moyen pour les vivants d'aider les âmes à atteindre le paradis.

Contrôle social et religieux : Certains historiens, comme Jean Delumeau, ont suggéré que l'Eglise catholique utilisait le purgatoire dans une "pastorale de la peur" pour renforcer son influence sur les fidèles.

Réponse aux croyances populaires : De nombreuses traditions locales évoquaient déjà des lieux ou états intermédiaires après la mort. L'Église a intégré ces croyances dans une doctrine officielle.

Aujourd’hui, la prédication sur le purgatoire est moins courante, et l'Eglise catholique privilégie davantage la miséricorde divine plutôt que les souffrances purificatrices. Bien que le purgatoire soit toujours un dogme catholique, il est moins fréquemment abordé dans la théologie contemporaine.

IV - Ce que la Bible précise

Les textes du canon biblique ne mentionnent pas d’état intermédiaire entre le salut et la perdition. Ils adoptent une approche binaire, ne proposant que deux possibilités : « sauvé » ou « perdu ».

La Bible stipule de manière explicite que l'homme détermine lui-même son futur statut par ses choix terrestres. Durant toute la durée de sa vie, jusqu'au dernier moment avant la mort, il demeure libre d'accepter le salut offert par la mort expiatoire du Messie Jésus (Luc 23.39-43).

Nous ne revisiterons pas ici les différentes études que nous présentons sur les doctrines bibliques. Ces annexes contiennent des affirmations détaillées basées exclusivement sur les textes de la Bible.

Ce dogme apparait donc comme une adaptation du texte biblique dans le but de faciliter l’accès au royaume de Dieu. Mais cette proposition reste une parole d’homme un peu comme celle de cet artiste (Michel Polnareff) qui chantait que tout le monde ira au Paradis. L’imagination humaine n’a aucun pouvoir sur l’avenir de l’homme.

Conclusion

La réflexion sur la notion de limite suggère que certains individus, par leurs choix ou leur parcours, peuvent être considérés comme définitivement perdus. Pourtant, il demeure possible d’imaginer que d’autres personnes seraient « tout juste » perdues, c’est-à-dire qu’il leur aurait suffi d’une action infime pour obtenir le salut. Ce questionnement conduit à envisager l’existence d’un état de rattrapage, une sorte de seconde chance accessible après la mort pour ceux qui étaient proches du salut.

Cependant, cette idée ne correspond pas à la réalité telle qu’elle est présentée dans la Bible. Les principes du salut y sont clairement établis : il s’agit d’un don offert par Dieu, et chaque individu conserve la liberté de l’accepter ou de le refuser durant son existence terrestre. Ainsi, ceux qui font le choix d’accepter ce don sont sauvés, tandis que ceux qui le rejettent sont considérés comme perdus. Selon cette perspective biblique, il n’existe donc aucune possibilité intermédiaire entre l’acceptation et le refus du salut ; la notion de seconde chance après la mort n’est pas retenue.

2 Corinthiens 5.20 (Louis Segond S21) :
Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel. Nous supplions au nom de Christ: «Soyez réconciliés avec Dieu!

Lexique
La Bible catholique
La Bible catholique est composée de deux grandes sections : l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. Pentateuque : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome. INF039
La Bible Segond 21 (S21)
La Segond 21. Modernisation : La Segond 21 vise à moderniser le langage de la traduction de Louis Segond tout en maintenant une grande fidélité aux textes originaux hébreux et grecs. INF082
Les différentes bibles
Il n'existe pas plusieurs Bibles mais différentes traductions des mêmes textes sources grecs et hébreux. L'évolution du langage nécessite des révisions régulières. Les catholiques incluent 7 livres deutérocanoniques absents du canon protestant. La traduction du 'Monde Nouveau' des Témoins de Jéhovah est critiquée pour ses choix orientés théologiquement. INF012
Les écrits apocryphes
Les livres apocryphes sont des écrits religieux exclus du canon biblique officiel. On distingue les apocryphes de l'Ancien Testament (Tobie, Judith, Maccabées, Siracide…), reconnus comme deutérocanoniques par les catholiques et orthodoxes, et ceux du Nouveau Testament (Évangile de Thomas, de Philippe, de Marie-Madeleine…), souvent à coloration gnostique. Leur étude éclaire l'histoire religieuse et les débats des premiers siècles chrétiens, sans pour autant les placer au niveau des Écritures canoniques. INF029
Parabole ou métaphore
Le nombre de parabole dans les Evangiles varie considérablement en fonction des différents chercheurs. Certaines sont définies directement dans le texte où nous trouvons que le Messie Jésus annonce une parabole. INF181
Les romains
En l’an -63 av. J.-C. le général romain Pompée, envahi le territoire d’Israël et prend Jérusalem. INF004
Pour aller plus loin
Genèse 49.10
« Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. »
Pourquoi « Schilo » ?

Le terme « Schilo » apparaît dans la Genèse, au sein de la bénédiction de Jacob sur ses fils. Il est généralement traduit par « celui à qui cela appartient » ou « celui qui doit venir » — une prophétie messianique qui annonce un personnage issu de la tribu de Juda, à qui les peuples du monde obéiront. Pour nous, ce nom symbolise notre conviction centrale : Jésus est ce Schilo — le Messie annoncé, fils de David, fils d'Abraham, vers qui pointent toutes les Écritures. Notre site porte ce nom en hommage à cette prophétie et à Celui qu'elle désigne.

Sources et droits

Cette étude : © 2026 Schilo — Tous droits réservés. Source : https://schilo.org/ann115-le-purgatoire/, exportée le 31/10/2026. La version en ligne peut avoir été complétée depuis.